Homme politique britannique, il fut premier ministre du Royaume-Uni et dirigea le pays durant la seconde guerre mondiale. Officier de l'armée britannique, il fut également journaliste et écrivain, obtenant le prix Nobel de la littérature.
Le château de Blenheim, quelque part dans le comté d'Oxford, en Angleterre : on y donne une fête cette nuit-là, le jardin resplendit de mille feux tandis que les invités se pressent pour une seconde danse. La femme du maître des lieux, Jennie Jerome, est absente : Quelque part, derrière une porte de la vaste demeure, elle donne naissance à Winston Churchill.
Le baptême du feu pour Churchill : après des études sans passion à l'académie militaire de Sandhurst, il se retrouve correspondant de guerre à l'occasion de la sanglante bataille d'Omdurman. 11 000 Egyptiens y trouvèrent la mort sous les coups de butoir de l'artillerie britannique. Celui qui deviendrait plus tard le premier ministre d'une Angleterre assiégée écrivit alors : "Ainsi s'acheva la bataille d'Omdurman, la plus éclatante victoire jamais remportée par les armes de la science sur les barbares".
En plein guerre des Boers, Churchill, alors correspondant de guerre pour le Daily Telegraph, est capturé après le déraillement de son train en Afrique du Sud. Il parviendra à s'évader dans des circonstances incroyables et rentrera chez lui acclamé en héros.
Celui que l'on surnommera "Le Vieux Lion" abandonne les conflits militaires pour un autre champ de bataille : celui de la politique. Auréolé de gloire après son évasion, Churchill entre alors comme député conservateur au Parlement, avant de rejoindre finalement les rangs des libéraux quatre ans plus tard.
Le lion entre dans l'arène. En l'espace de quatorze ans, Churchill occupera tour à tour les postes de Président du Ministère du Commerce, Ministre de l'Intérieur, Ministre des Munitions, Secrétaire d'Etat pour la Guerre et les Affaires Aériennes et Secrétaire aux Colonies. Son caractère intransigeant, notamment à l'occasion de la grève des cheminots de 1911, lui vaut une réputation sévère dans le milieu ouvrier.
Deux ans après son éviction du gouvernement, Churchill revient sur la scène politique comme Chancelier de l'Echiquier. Soupçonneux à l'égard du projet européen, il prend très tôt conscience de la montée de l'Allemagne nazie mais ses mises en garde restent malheureusement ignorées. En Italie par contre il soutient Mussolini mais finira par s'en repentir.
Churchill prend la succession d'un Chamberlain malade au poste de Premier Ministre. Celui qui n'a à offrir à l'Angleterre que "du sang, du labeur, de la sueur et des larmes" organise l'évacuation de la poche de Dunkerque et autorise De Gaulle à lancer, un mois plus tard, son fameux appel du 18 juin.
Dernier rempart du monde libre Churchill se dresse, seul, face aux armées du IIIè Reich. Pendant un an ("the lonely year") l'homme au V de la victoire, connu pour son penchant pour le whisky et les cigares, tient tête aux U-Boot allemands et à la Luftwaffe. Comme il le déclara le 20 août 1940 aux Communes, "Jamais dans l'histoire des guerres un si grand nombre d'hommes ont dû autant à un si petit nombre".
Héros national pourtant défait aux élections, Churchill prononce son célèbre discours de Fulton. Visionnaire, il prédit alors la tombée du rideau de fer, qui allait couper l'Europe en deux pendant plus de cinquante ans.
L'auteur des "Mémoires" reçoit le Prix Nobel de la Paix. Politique acharné, soldat, journaliste, peintre à ses heures, Churchill est également resté célèbre pour ses phrases empreintes d'ironie et d'humour noir : un jour que De Gaulle le critique sur son allure, Churchill lui répond en ces termes : "Mon cher, tout le monde ne peut pas s'habiller en soldat inconnu !"
Celui qui frôla cent fois la mort et qui, toute sa vie, craignit d'être emporté par la syphilis (son père en mourut à 45 ans) finit par s'éteindre à 90 ans. A l'occasion de ses funérailles, grandioses, Cecil Day Lewis déclara ces quelques vers à la BBC : "Mythe vivant / Seigneur de notre temps / Toujours debout dans la tempête / Monolithe menaçant et souriant / Il lance à la crête des vagues / son cri : "nous ne nous rendrons jamais".