Personnage historique célèbre, Napoléon Bonaparte naît en Corse en 1769 et meurt au Royaume-Uni en 1821. Conquérant de l'Europe continentale, il fut général puis empereur de la France.
Naissance de Napoléone Buonaparte à Ajaccio, en Corse, dans un climat plutôt tendu. En effet, ses parents, entre autres, sont fermement opposés au rattachement de la Corse à la France qui avait été achetée un an plus tôt par Louis XV à la République de Gênes. Les parents de Napoléone, à savoir Carlo Maria Buonaparte et Maria Letizia Ramolina, font partis des rebelles qui sont obligés de se réfugier dans les montagnes du Monte Remondo. Ses parents ont donc fondé beaucoup d'espoirs en leur fils qui devait devenir le "vengeur de la Corse".
Le jeune Napoléone à 10 ans lorsqu'il est envoyé de force en France par ses parents. En effet, avec le temps, le patriotisme effréné dont ils avaient pu faire preuve en 1769 s'est essoufflé, au point même que le père de Napoléone francise son nom pour se faire appeler Charles. Son fils lui en voudra d'ailleurs pendant longtemps. En France, Napoléone intègre l'école militaire de Brienne-le-Château dans l'Aube. Il est seul, souvent malade, plutôt chétif et son accent corse lui vaut d'être la risée de ses camarades. Pour combler ce manque affectif, il se plonge dans les études. Ses qualités en mathématiques et sa passion pour Caton et César ou bien l'Empire romain en général lui donnent le courage et la volonté de se battre pour devenir le premier, le meilleur.
A 15 ans, Napoléone est envoyé à l'école militaire du Champ de Mars. Ses connaissances en mathématiques lui permettent d'obtenir le brevet de lieutenant d'artillerie en un an au lieu de deux. Cependant, à l'époque, il n'est pas encore le fin stratège que nous connaissons. Ses premières années dans l'Armée française ne furent donc pas très glorieuses.
Lorsque la Révolution Française éclate, Napoléone, qui est toujours aussi dévoué à la cause corse, aurait dû penser que c'est une bénédiction pour son pays. Or, dans les faits, il ne fait que réprimender une agitation en Bourgogne et ce, de son propre chef. Il n'est donc pas du coté des révolutionnaires pour le moment.
Avec la fuite de la famille royale, Napoléone adhère aux idées nouvelles, à savoir les idées révolutionnaires. En ce jour du 14 juillet, il prête un serment civique et jure fidélité à la nation, à la loi et au roi. Il devient révolutionnaire mais se dit toujours corse et non français. Ses espoirs pour la Corse étaient fondés sur le retour du Général Pauli, pour qui ses parents s'étaient battus, mais il comprit vite, lorsque le Général fut qualifié d'hors-la-loi par la Convention, qu'il était de son propre intérêt de ne pas le soutenir. Il lance donc un appel d'union de la Corse avec la France, ce qui crée la confusion dans l'île. Il est considéré comme un traître désormais.
Napoléone embarque pour Toulon avec sa famille et ne revit la Corse qu'après son retour de la campagne d'Egypte. Là-bas, ses exploits en tant que militaire contre les anglais lui valurent le grade de Général de brigade, puis celui d'Inspecteur général. Son nom est sur toutes les lèvres mais cette fièvre victorieuse est contrecarrée par le Comité de Salut Public qui n'apprécie pas certaines des idées de Napoléone.
Il est nommé à l'armée d'Italie. Malgré de nombreuses victoires, Napoléone est suspendu de ses fonctions militaires. En effet, il avait soutenu Robespierre mais ce dernier est guillotiné. Après enquête, il est innocenté mais n'est pas réintégré immédiatement dans l'armée. Il est sollicité pour mettre sur pied un plan de conquête de l'Italie. Cependant, et malgré sa passion pour ce pays, son plan n'est pas exécuté dasn l'immédiat et on lui demande de s'occuper des problèmes en Vendée.
Il est nommé Général en chef de l'armée de l'intérieur et le 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795), met fin à la révolte royaliste et sauve la Convention. Il devient Général de mission, de division et succède à Barras. Le 26 octobre 1795, il devient Commandant de l'armée intérieure. Il est surnommé le Général Vendémiaire.
Les femmes ont joué un grand rôle dans la vie de Napoléon. Il se fiance notamment à Désirée Clary mais ne l'épouse jamais. Après plusieurs propositions de mariage à diverses femmes, il rencontre Rose de Beauharnais en 1795 qu'il appelle Joséphine. Cette femme vit rapidement qui il était et allait devenir et, pour le séduire, lui fait croire qu'elle est riche, en se servant notamment de son titre. Cela fonctionne puisque le 8 mars 1796 ils se marient. Barras, un ancien amant de Joséphine, offrit comme cadeau de mariage à Napoléone le commandement de l'armée d'Italie.
Napoléone doit partir en Italie. Il se fait désormais appeler Napoléon Bonaparte. Après une victoire complète, ce qui ravie le Directoire, et parti sur sa lancée, il attaque l'Autriche. En un an, Napoléon s'est rendu maître de l'Italie du Nord. Il commence à inquiéter le Directoire qui dit de lui qu'"il est né pour dominer alors que d'autres sont nés pour servir". Napoléon va profiter de la peur qu'il leur incite pour obtenir la campagne d'Egypte.
Napoléon reçoit l'ordre du Directoire de conquérir l'Egypte. Tout se passe alors très vite : il prend Malte, Alexandrie et le Caire. Seulement, la domination française en Egypte prit 6 mois, avant d'être bloquée. En effet, l'armée anglaise s'est rendue maîtresse de la Méditerranée et a renforcé sa puissance aux Indes. La Turquie déclare alors la guerre à la France et le Sultan d'Egypte appelle à la guerre sainte. A cela s'ajoute une alliance de Naples, la Russie et de l'Angleterre pour chasser les français d'Italie.
Napoléon rentre en France. Pour le peuple c'est un héro. Il désire faire parti des dirigeants mais est trop jeune. La situation de la France est pour le moins catastrophique et le peuple pense qu'il peut la sauver de cette Révolution Française dans laquelle elle s'est embourbée. Il existe un grand fossé entre les riches, qui sont très riches, et les pauvres, qui sont très pauvres. L'insécurité est grandissante, l'administration est totalement désorganisée. En 10 ans de révolution, on peut dire que la France est revenue à l'état sauvage. Depuis quelques temps déjà, Emmanuel Joseph Sieyès (un directeur) cherche à sortir la France du "marasme dans lequel elle est plongée". On dit de lui qu'il a toujours une constitution dans sa poche et c'est ainsi qu'il imagine un consulat formé de trois consuls.
Le 18 brumaire an VIII c'est le coup d'Etat. Napoléon a été mis à la tête de l'Etat par la bourgeoisie car elle voulait quelqu'un capable de lui faire profiter des acquis de la Révolution. Elle pensait pouvoir le contrôler. Or, Napoléon ne peut rester un simple exécutant.
La Constitution de l'an VIII est adoptée. Elle s'inspire du projet de Sieyès qui nomme les trois consuls : Napoléon qui est le 1er consul, Cambacérès et Lebrun. Les 2e et 3e consuls représentent chacun un aspect de la vie politique de l'époque. Cambacérès représente le coté révolutionnaire et Lebrun le coté monarchique. Ainsi, toute la population devrait être contentée. Le peuple, croyant en Napoléon, s'est exprimé par un fort plébiscite de la Constitution. Cet engouement populaire sera réitéré pour chacune des Constitutions adoptées par Napoléon. En ce qui concerne le pouvoir législatif, il est divisé en trois chambres : le Tribunat, le Corps législatif et le Sénat.
Napoléon a su profiter des circonstances. La victoire de Marengo contre l'Autriche (14 juin 1800) et le rétablissement de la paix extérieure à Lunéville par la signature du traité de paix (9 février 1801), la paix avec les anglais à Amiens le 25 mars 1802, la signature du Concordat avec le Pape (9 avril 1802) et la déportation de 130 personnes après l'attentat dit de la machine infernale qui visait Napoléon. Tous ces événements ont donné un regain de popularité au 1er consul qui va en profiter pour étendre ses pouvoirs et consolider sa dictature. Ainsi, il créa la Constitution de l'An X qui instaura le consulat à vie pour Napoléon et la Constitution de l'An XII qui établit l'Empire.
Napoléon rétablit l'esclavage dans les colonies. En effet, depuis sa suppression l'économie des Antilles était défaillante. Il faudra attendre 1848 pour que l'esclavage soit définitivement aboli.
Pour calmer les ardeurs royalistes soutenues par la Grande-Bretagne, la Russie et l'Autriche, Napoléon fait assassiner le duc d'Enghien, un prince Bourbon, après un simulacre de procès.
Les batailles se succèdent. En 1804, Napoléon veut neutraliser les anglais mais il échoue définitivement à la bataille de Trafalgar. En 1805, une nouvelle coalition se crée contre l'Empire que Napoléon vainc à la bataille d'Austerlitz ou la "bataille des trois empereurs" (France, Russie, Autriche). En 1806, la Prusse provoque un nouveau conflit que Napoléon écrase. Il traverse la Pologne et poursuit sa route jusqu'à Tilsit où il signe un traité avec la Russie et le tsar Alexandre 1er.
Napoléon se couronne. Il associe à son sacre un certain nombre de symboles forts comme l'aigle et ainsi il se présente en héritier de l'Empire romain et de Charlemagne. Il y a d'autres symboles comme les abeilles, le manteau impérial, la main de justice, le globe de Charlemagne, la couronne et l'épée. Napoléon veut montrer qu'il est le fondateur de la « quatrième dynastie » : celle des Bonaparte, après les Mérovingiens, les Carolingiens, et les Capétiens. En se couronnant lui-même, sous les yeux du Pape, Napoléon voulait montrer qu'il ne tenait sa couronne que du peuple. Il indique donc qu'il est distinct de l'Eglise. Il est seul et unique Empereur et ne dépend de personne, ne doit de comptes à personne.
Devant le blocus anglais, Napoléon tente d'instaurer un blocus continental. Comme le Portugal refusent de s'y soumettre et que l'Espagne tarde à accepter d'envahir ce dernier, Napoléon envahi l'Espagne et installe Joseph, son frère, comme roi. Le Portugal est également envahi, mais les trois campagnes de 1808, 1810 et 1811, ne mettent pas fin à la résistance britanno-portugaise. Les anglais contre attaquent en passant par le Portugal et repoussent l'armée française hors de la péninsule ibérique avec l'aide de rebelles espagnols en 1812. Alors que les meilleures troupes de l'armée française sont engagées en Espagne, l'Autriche attaque une nouvelle fois la France en Allemagne et est finalement vaincue lors de la bataille de Wagram.
Alexandre 1er refusa de porter le coup fatal aux anglais. Par conséquent, Napoléon marcha jusqu'à Moscou avec la Grande Armée (600 000 hommes). Les russes appliquèrent la stratégie de la terre brûlée, reculant sans cesse devant les troupes françaises. Ils les laissèrent même entrer dans Moscou qu'ils brûlèrent. Cependant, l'hiver russe tua la quasi totalité des soldats et l'Armée fut anéantie.
Une alliance entre le Royaume-Uni, l'Autriche, la Prusse et la Russie se forme et, malgré la résistance de Napoléon, Paris tombe le 31 mars, forçant ce dernier à abdiquer. Napoléon pense que les alliés allaient le séparer de l'Impératrice et de son fils, le Roi de Rome ; alors, dans la nuit du 12 au 13 avril, il prend la dose de poison qui doit lui permettre de se suicider. Il échoue cependant. Le Sénat le destitue et il est exilé à l'île d'Elbe, conservant le titre d'Empereur mais ne régnant que sur cette petite île. En France, Louis XVIII écarte « Napoléon II » et prend le pouvoir. Napoléon s'inquiète du sort de sa femme et de son fils, il ne reçoit pas non plus la pension promise. Il décide donc de retourner sur le continent pour reprendre le pouvoir.
Partout sur son passage, il est accueilli en héro, au grand regret du roi. Son retour aux Tuileries le 20 mars marque le début des Cent Jours. L'armée napoléonienne est finalement défaite à la bataille de Waterloo le 18 juin 1815 face aux alliés.
Le retour de Napoléon et sa défaite finale empirent la situation internationale de la France. Celle-ci est traitée plus durement encore que lors des traités de Vienne. Napoléon laisse une France détruite. Démographiquement, elle a perdu environ 1 700 000 hommes depuis 1792, dont la majorité pendant les guerres napoléoniennes. Économiquement, elle est ruinée. Ses ports et ses arsenaux sont ruinés. Elle a perdu toutes les colonies qui lui restaient de l'Ancien Régime. Son influence internationale, mise en place depuis Richelieu et Louis XIV, est réduite à néant. Napoléon laisse une France plus petite territorialement que sous Louis XVI. Il laisse une France occupée qui, en outre, doit payer une lourde indemnité de guerre pour l'entretien des troupes étrangères établies sur son territoire. Lorsque Napoléon quitte la France, il n'est pas regretté. C'est à Sainte-Hélène que va pourtant se forger sa légende.
Napoléon est emprisonné et déporté par les Britanniques sur l'île Sainte-Hélène. Il se consacre à l'écriture de ses mémoires. Progressivement, il tombe malade et s'affaiblit. Il meurt un samedi, le 5 mai 1821, « à 17 heures et 49 minutes ». Les causes de sa mort ont fait l'objet de controverses, officiellement les médecins ont conclu à une mort des suites d'un cancer de l'estomac, mais il fut avancé l'hypothèse d'un empoisonnement à l'arsenic.
Napoléon avait demandé à être enterré sur les bords de la Seine, auprès du peuple français qu'il a tant aimé, mais lorsqu'il meurt en 1821, il est inhumé à Sainte-Hélène. Dix-neuf ans après sa mort, le roi Louis-Philippe Ier pu obtenir du Royaume-Uni la restitution des cendres de l'ancien empereur. Son corps est rapatrié triomphalement à Paris et enterré aux Invalides.
Que l'on soit pour ou contre Napoléon, une chose est indéniable : il était un militaire accomplit et un homme d'Etat. Son nom est resté gravé dans le coeur des français jusqu'à aujourd'hui. Nous trouvons même encore de nos jours un pilier de son action : le Code civil de 1804 ou Code napoléonien.