Child in time de Deep Purple en concert au Japon. Ou the Passenger de Iggy Pop. Ou Bitches' Brew de Miles. Ou Moaning de Mingus. Ou Agúzate de Richie Ray et Bobby Cruz, tout comme toutes leurs grandes chansons. Ou Gitana de Willie Colón.
Un seul serait borné. Miller, Ellroy, García Márquez, Cortázar, quelques poèmes de Nerval. Werther, Les Fleurs du Mal, Opio en las nubes, Qué viva la música.
Dans les années soixante et soixante-dix, à condition de participer au merveilleux chaos artistique du temps, squattant la Factory, buvant des coups avec Morisson, passant mes vacances avec Coppola...
J'aimerais répondre Pacino, mais ce n'est pas vrai. Ou John Cazale qui n'a joué que dans huit films, tous géniaux, mais ce serait aussi un mensonge. Je ne sais pas... Un bon acteur anonyme?
Il y avait une salle de cinéma gigantesque à Bogotá. El Embajador. J'ai grandi, un film par semaine, là-dedans. Aujourd'hui, c'est un multiplex. Ce n'est qu'une métaphore de mon enfance et de mon pays qui n'existent plus. Plus comme avant.
Que vous ont laissé vos ancêtres ? Que laisserez-vous à vos descendants?
Un monde pourri. Et mes descendants recevront un monde encore plus pourri. Rempli de choses belles, grandes et géniales que j'espère nous pourront conserver et admirer avant de tout faire exploser à cause de notre mesquinerie.