Inauguration à la résidence internationale de l'A.F.I. à Massy-Palaiseau
1985 - ANNEE INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE
Quel rapport entre les peintures rupestres de Lascaux et les sculptures de Moissac, les statues géantes des Iles Galapagos et les fresques du Parthénon, les bas reliefs Maya et la tapisserie de Bayeux, les hiéroglyphes égyptiens et les vitraux des cathédrales gothiques ?
Celui de témoigner de la singularité de l'homme dans ce qu'il a besoin de communiquer. Tous les matériaux naturels ou fabriqués dont il dispose, il les utilise pour perfectionner et diversifier les langages. Le corps par la danse, le son qu'il a domestiqué par le chant et les langues, le trait qui est devenu dessin et écriture, le métal qu'il a façonné en outil, le bois pour le feu c'est à dire la nourriture mais aussi pour la reproduction de la forme humaine, la pierre qu'il a broyée pour en tirer les couleurs mais qu'il a su aussi tailler pour se mettre à l'abri.
Communication donc.
Et la fresque que notre ami Camilo Hneriquez a peinte sur un mur de la résidence internationale de l'A.F.I. à Massy y participe pleinement.
Mais elle illustre aussi une autre singularité de l'homme quand il sait faire taire les passions malsaines qui le rabaissent au niveau de la bête : le besoin d'échange.
Echanger c'est avant tout rapprocher les hommes. Et il y aura toujours, comme ces anonymes qui ont "fait" Lascaux et les cathédrales, comme Siquiéros, ce muraliste mexicain auquel Camilo Henriquez fait penser, ceux qui, par leur art, diront qu'il vaut mieux échanger que disputer, parler que se battre, cultiver la beauté que la laideur, proposer la fraternité au doute et à la tristesse.
"Quand les hommes vivront d'amour"
"Il y aura moins de misères";
"Les soldats seront troubadours"
"Et toi tu resteras mon frère".